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L'Europe

Dimanche 22 avril 2007 7 22 /04 /Avr /2007 22:50

La destitution du président roumain, Traian Basescu par le Parlement national a provoqué des remous jusqu'à la Commission européenne. Et pour cause, c’est fin juin que les experts présenteront le rapport d’évaluation sur l’état d’avancement des reformes en cours. Ils seront envoyés la semaine prochaine.

L'assemblée a voté, jeudi 19 avril, la destitution du chef de l’Etat par 322 voix contre 108 et 10 abstentions. Basescu est accusé par des parlementaires de nombreuses violations de la Constitution. Dans son avis consultatif, la Cour constitutionnelle avait jugé que ces violations n’étaient pas susceptibles « d’entraîner sa suspension ». Les parlementaires en ont décidé autrement.

Le président avait déclaré qu’il démissionnerait en cas de destitution. Il a changé d’avis vendredi et un référendum devra être organisé dans les 30 jours. La destitution sera effective si elle est approuvée par plus de 50% des Roumains. Rien n’est moins sûr, car le chef de l’Etat bénéficie d’une forte popularité, due notamment a l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne. A Bucarest, des centaines de manifestants se sont réunis quelques heures seulement après l’annonce de la suspension, protestant contre la décision parlementaire.

Cette destitution, qui entrera en vigueur lundi prochain, est l’épilogue d’une crise politique longue de plusieurs mois. Présenté comme le champion de la lutte anti-corruption, le chef de l’Etat est en guerre avec son Premier ministre depuis janvier. Ils s’accusent mutuellement d’être soutenus par des groupes d’intérêts, sur fond de corruption. Une atmosphère qui ne plait guère à l’UE qui avait décidé d’être plus souple sur ses pré requis en matière juridique en mai dernier, à condition que le nouveau pays membre obtienne des résultats pour l’année 2007. La réforme judiciaire est l’une des priorités pour que la Roumanie puisse percevoir la totalité de l'aide économique européenne.

Christophe Devriendt

Sources : Libération, 20/04/2007; RFI (web), 20/04/2007

Par Christophe D. - Publié dans : L'Europe
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 /03 /Mars /2007 22:54

S’acheter un appartement dans une grande ville européenne pour 90.000 euros, c’est possible. La nouvelle nous vient d’Espagne. A Barcelone et à Madrid plus précisément. Mais il y a un problème, de taille : ces micro appartements (« micropisos » en espagnol) font environ 10 m2 !

Le problème espagnol du logement, même s’il est particulièrement aigu, est commun à beaucoup de pays européens : Belgique, Belgique, Royaume-Uni, Suisse,… Les appartements minuscules n’ont pas encore fait leur apparition, pour l’instant, dans notre pays mais ça ne saurait tarder. Comme ce fut le cas pour les prêts hypothécaires. L’Espagne, encore, avait lancé, il y a un peu plus d’ un an, les prêts en…cinquante ans. C’est ce qu’on peut appeler une maxi hypothèque ! En Belgique, pour la première fois, la durée moyenne du crédit hypothécaire a dépassé les 20 ans en mars 2006. Et les prêts à très long terme ne sont pas en reste : les formules à 25, voire 30 ans ont beaucoup de succès chez le leader belge du crédit.

L’association des consommateurs belge, Test-Achats a dénoncé en février dernier, l’apparition du crédit en 40 ans, chez nous aussi. Elle dénonce aussi l’hypothèque inversée, système qui s’adresse aux personnes ayant payé leur hypothèque (souvent des personnes âgées) mais qui ne peuvent vivre décemment avec leur pension. On leur propose donc de ré hypothéquer leur bien pour bénéficier d’une rente mensuelle. Ce système, encore à l’idée de projet en Belgique mais courant au Royaume-Uni, est dénoncé par l’association de consommateurs qui y voit une perte de patrimoine.

Un problème qui nous amène à celui du montant des pensions et plus largement, au système social de nos pays. La spéculation urbanistique semble être donc sans limite mais attention à la chute. On en voit déjà les prémisses de l’autre côté de l’Atlantique.

Christophe Devriendt

Sources : El País (24/03/2007), Le Soir (10/02/2007, 15/02/2007)

Par Christophe D. - Publié dans : L'Europe
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 /03 /Mars /2007 22:57

L'UE est juste bonne à donner les subsides à la Pologne, pour le reste elle peut retourner dans ses bâtiments bruxellois. C’est ce qu’a l’air de penser le gouvernement polonais, au vu de son attitude envers Bruxelles. On ne compte plus les signes d’indifférence voire de mépris de Varsovie envers les institutions européennes.

Photo: Le président polonais et son frère jumeau, 1er ministre

Pas plus tard qu’hier, le président polonais Lech Kaczynski a réaffirmé son opposition à une Constitution pour l’Union Européenne. Il demande que soit conservé le système actuel de vote qui avantage les pays de taille moyenne…comme la Pologne. Il reconnaît quand même que le mode de prise de décision actuel pose « un grave problème » et se déclare ouvert au compromis. On peut légitimement douter de la bonne volonté de la Pologne au vu des derniers événements.        Initialement, la Pologne (comme la France et la Finlande) s’était opposée à l’objectif de 20% d’énergies renouvelables, sur le total utilisé par les pays de l’UE, d’ici à 2020. Mais ce jeudi elle s’est dit prête à rallier l’objectif européen à condition que « la répartition future de l'effort entre Etats tienne compte de leurs spécificités énergétiques. » Autant dire que la Pologne aura des bonnes excuses pour ne pas respecter l’objectif européen alors que le plan énergétique vient d’être adopté par les 27.

N’oublions pas les propos homophobes du vice-Premier ministre et ministre polonais de la Culture et de l'Enseignement, Roman Giertych qui avait appelé l’UE à interdire l’homosexualité. Son père Maciej Giertych eurodéputé, avait fait polémique en présentant une brochure antisémite au parlement européen, estampillée au logo de la même institution. Des attaques contre la Charte européenne des droits fondamentaux.

Autre point de discorde, la création d’une autoroute illégale au milieu du parc national de la vallée de la Rospuda (zone « Nature 2000 », sous protection de l’Union Européenne en raison de la sauvegarde des oiseaux). La Commission européenne avait élevé le ton le 28 février et sommé la Pologne d’arrêter le projet dans la semaine. Une première en matière d’infraction environnementale ! Pas de nouvelle de ce côté-là. Nous pourrions aussi évoquer le blocage du nouvel accord de partenariat UE – Russie ou le fait qu’elle se félicite de l'installation du « bouclier antimissiles » américain sur son territoire.

La Pologne défend farouchement ses intérêts nationaux et fait fi de la politique européenne. Une Europe qu’elle considère comme un vache à lait et un moyen d’améliorer son économie ! On peut se consoler en pensant que le gouvernement ne reflète pas l’opinion du peuple puisque 63% des Polonais sont en faveur de la Constitution européenne.

Christophe Devriendt

Par Christophe D. - Publié dans : L'Europe
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 23:01

«La France a besoin d'un président européen », ce sont les mots du candidat à la présidentielle française, François Bayrou. Dans le paysage politique français très polarisé, M. Bayrou a toujours été considéré comme le candidat centriste. Mais par cette phrase qu’il a martelé lundi à Strasbourg, il est devenu LE candidat fédéraliste européen.

Après le fameux référendum français, le thème européen a encore perdu de sa superbe. Et force est de constater que dans la campagne présidentielle, il est le grand absent. Même si Sarkozy voudrait faire adopter la Constitution par le Parlement et que Royal prône une Constitution « plus sociale », les deux gros candidats ne donnent pas leur vision de l’Europe, sans doute échaudés par le résultat de la consultation populaire. C’est confondre deux choses : l’éventuelle Constitution et l’Union Européenne.

Bayrou parle aussi de ce « traité [qui] ne sera pas adopté » et de la nécessité de rédiger un « texte lisible par tout le monde, court, compréhensible et offrant les garanties démocratiques nécessaires ». Mais il est allé plus loin que ses concurrents et a exprimé une vision globale de ce que devrait être l’Europe et a insisté sur la responsabilité de « défendre notre modèle de société (...) nos valeurs sociales en particulier ».

Une plus grande cohésion européenne permettrait de mieux gérer les flux migratoires et une harmonisation européenne des impôts sur les sociétés éviterait la « compétition fiscale » entre pays. Dans le domaine de la défense et du nucléaire, il a plaidé pour une politique européenne qui serait largement plus efficace que les politiques nationales. Bref, un discours qui ressemblait fort à une profession de foi.

Cette prise de position fédéraliste européenne ne rapportera peut-être pas beaucoup de voix au candidat centriste mais démontre que Bayrou a une vision politique complète, qui dépasse même les frontières de son pays !

Source: dépêche AP

Christophe Devriendt

Par Christophe D. - Publié dans : L'Europe
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Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /Jan /2007 23:12

Hier à Madrid, a l’initiative de l’Espagne et du Luxembourg, les dix-huit pays* qui ont ratifié le traité constitutionnel européen se sont réunis pour discuter de l’avenir de la Constitution.

Etaient également présents l’Irlande et le Portugal, deux pays qui ont suspendu leur processus de ratification après les non français et néerlandais. L’Irlande et le Portugal avaient choisi la voie référendaire et craignent un rejet populaire du texte.

Le peuple, il en a été peu question lors de cette réunion qui préconise un texte plus ambitieux. "Les réformes du traité nous paraissent être les meilleures possibles, même si l'on peut en imaginer de meilleures encore." peut-on lire dans la déclaration finale.

Les participants sont conscients de l’obligation de la ratification mais espèrent que la possible renégociation sera l’occasion d’une "amélioration" du traité. Une position diamétralement opposée à celle en faveur d’un mini-traité à la Sarkozy.

Car pour le ministre espagnol des Affaires Etrangères, M. Morantinos, une Constitution améliorée serait la preuve que l’Union Européenne a écouté les citoyens et répond à leurs attentes.

Les “amis de la Constitution” ont donc déclaré être prêts à écouter les propositions constructives des autres Etats-membres. En résumé, les pays réticents au traite constitutionnel sont invités à proclamer leur attachement à la Constitution et faire des propositions pour un traité plus ambitieux.

Ca risque d’être problématique pour Londres, très jaloux de sa souveraineté nationale ou pour Prague qui considère que l’Union Européenne n’a pas besoin d’une Constitution.

Une chose est de ne pas écouter le citoyen, l’autre est d’être en dehors de la réalité : la Constitution peut être le fait des seuls Etats-membres mais encore faut-il trouver un accord qui satisfasse toutes les parties.

Les dix-huit semblent confondre un vœu pieux et une négociation politique avec ses normes et ses obligatoires concessions.

* Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Roumanie, Slovaquie et Slovénie.

Sources:

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=91&art_id=328447

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-860498@51-840965,0.html

Christophe Devriendt

Par Christophe D. - Publié dans : L'Europe
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